La pièce

Elle tourne autour des trois fils d’un homme impudique, vulgaire et sans principe (Fiodor Pavlovitch Karamazov), et du parricide commis par l’un d’entre eux.

Chacun des trois fils représente un idéal type de la société russe de la fin du XIXe siècle. Alexeï, le benjamin, est un homme de foi, il est le héros de l’oeuvre, au dire de son auteur. Ivan, le deuxième fils, à l’instar du courant socialiste qui traverse la Russie, est un intellectuel matérialiste qui considère que tout est permis, dans la mesure où Dieu n’existe pas. Dimitri, leur très exalté demi-frère aîné, est un officier impulsif, entier en qui le vice et la vertu se livrent une grande bataille : ce dernier incarne, selon l’auteur lui-même, « l’homme russe ».

Mais, en réalité, les enfants sont au nombre de quatre puisque le père a donné naissance à un bâtard qu’il nommera Smerdiakov (petite merde), recueilli et élevé par le fidèle serviteur Grigori Vassiliévitch. Ces quatre fils ont tous des raisons de détester le père voire de le tuer, d’autant qu’interfèrent dans leurs propres histoires deux femmes totalement opposées, Katerina Ivanovna, fille d'un lieutenant colonel, prisée par la haute société russe pour ses vertus et sa grande beauté, aimée d’Ivan mais fiancée de Dmitri qui la délaisse pour Agrafena Alexandrovna (Grouchenka), jeune femme de 22 ans, belle et sensuelle dont est aussi amoureux Fiodor.

Le dernier roman de Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski

«Les Frères Karamazov» sont publiés d’avril 1878 à janvier 1880 en douze feuilletons et un épilogue dans le magazine le Messager russe. Le succès fut immédiat. Pour la trame de son roman, Dostoïevski s’est servi d’un drame vécu par un «criminel» qu’il a personnellement connu, Illinski, noble officier endetté, ayant mené une vie dissolue, condamné pour parricide, puis réhabilité après que le véritable assassin (son frère) se fut livré à la justice.

Les Frères Karamazov où le récit multiplie les niveaux de narration, les digressions, les zones d’ombre, les réfl exions philosophiques, voire métaphysiques ou mystiques, se lit comme une pièce, avec ses moments de tension dramatique, ses retournements de situation, ses dialogues passionnés...