Revue de presse

LE FIGARO.fr
par Isabelle Schmitz - Publié le 03/04/2014 à 10:02
Les Frères Karamazov en chair et en os
...Une histoire âpre, sombre, mais non sans rédemption
Voilà qui est réparé: ses Frères Karamazov sont un modèle d'intériorité et de profondeur, qui réussit pourtant à maintenir la tension d'un thriller psychologique où se révèle une âme slave toute en excès. Chacun des acteurs la décline à sa façon, Bastien Ossart (Dmitri) dans sa lucidité révoltée sur ses propres contradictions et sa détermination violente à jouir de la vie; Jean-Denis Monory (Ivan) tout en retenue dans son désespoir raisonné; Laurence Cordier (Katerina) aussi convaincante qu'inquiétante dans son aveuglement exalté ; Peggy Martineau (Grouchenka) alliant à la perfection duplicité, sensualité sans scrupule, et sincérité intermittente ; Lorenzo Charoy (Smerdiakov) poignant de malheur, que trahit chaque expression du visage et chaque raideur des mouvements ; Gabriel Perez (Alexeï), désarmant de pureté, figure christique éloquente dans le moindre de ses silences.
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Bscnews.fr
Par Florence Gopikian Yérémian -le dimanche 30 mars 2014 14:49
...Les frères Karamazov : une fresque familiale intense et exaltée
Les interprètes de la troupe sont talentueux et chacun apporte sa touche personnelle dans la construction des tortueux personnages de Dostoïevski. Olivier Fenoy nous offre un père bouffon et dérisoire: le regard obscène et le ventre gras, il joue les histrions, enlisé dans sa fange, et confère au récit une touche cyniquement comique. Parmi ses fils, Dmitri (Bastien Ossart) est celui qui se démarque le plus : vêtu et botté comme un cosaque, ce Mitia à la tête rasée ne cesse de hurler, de danser ou de se révolter. A l’inverse de cette figure entière et exaltée, Gabriel Milchberg compose un Aliocha un peu trop réservé. Les bras ballants et le corps replié dans les pans de sa soutane noire, il manque de foi et de ferveur. L’on perçoit son malaise de ne pouvoir agir sur ce monde rongé par le mal mais l’on souhaiterait ressentir d’avantage son dilemme face à la décadence de la race humaine créée par ce Dieu qu’il adule. Ivan (Jean-Denis Monory) de son côté, nous fait songer à une pierre tombale. Impassible et silencieux comme une énigme, le comédien fait preuve d’une grande maîtrise de ses sentiments : le mépris qu’il éprouve envers son père est joué de façon intrinsèque, quant à l’amour impossible qu’il porte à Katerina, il est exprimé avec une pudeur parfaite et pondérée. Le personnage bâtard de Smertiakov (Lorenzo Charoy) ne se révèle vraiment qu’à la fin de la pièce. A travers son superbe plaidoyer, le pauvre vaurien prend enfin la parole et extériorise avec audace tout ce qu’il a sur le cœur.
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Le littéraire.com
par Christophe Giolito le 17 mars 2014
Une réussite incontestable
C’est un défi ambitieux que relève le Théâtre de l’arc en ciel. L’adaptation du dernier roman de Dostoïevski  suppose d’incarner des personnages paraissant définis par la profondeur de leur intériorité. Il s’agit également de présenter un cadre suffisamment sombre pour figurer les possibilités d’élévation spirituelle, suffisamment souple pour offrir l’occasion des débordements de vitalité, sinon d’agressivité, dont sont susceptibles Les frères. L’ambiance installée par le décor, grands fragments d’arbres blanchis, façon Anselm Kiefer, la musique lente et caverneuse ambiance Lisa Gerhard convient parfaitement.
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L'Observateur russe
par Maria Krasilnikova le 18 mars 2014
Les frères Karamazov au bois de Vincennes
On dit qu’on « ne comprend pas l’âme russe », on dit aussi que les étrangers ne sont pas capables de comprendre, et encore moins d’interpréter, les grands classiques russes : Pouchkine, Tchékhov, Dostoïevski. La traduction de ces mots aimés et si familiers semble insupportable, sonne comme une parodie, le rejet est pratiquement inévitable, mais on veut tout de même se poser la question : d’où vient tout cet orgueil ? Pourquoi nous pensons-nous capables de comprendre Hugo, l’idole française, alors que nous pensons les Français incapables de comprendre Dostoïevski ? Ce n’est pas logique.
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Philosophie Magazine
par Antoine Rogé le 14 mars 2014
Les Frères Karamazov : quand le mal entre en scène
Echapper à la spirale du mal, garder le respect de soi malgré la faute, rebondir lorsqu'on a touché le fond : telos sont les problèmes avec lesquels se débattent les héros de chair et de sang des Frères Karamazov. Une adaptation au ton contemporain révèle la grande proximité entre ces êtres torturés et nous-mêmes.
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Reg'Arts - Le magazine du spectacle vivant
par Elishéva Zonabend le 12 mars
Apprenti comédien "hanté par le vide et l'absurde" selon ses propres paroles, et interpellé par "les questions existentielles que peut se poser un Ivan Karamazov", Olivier Fenoy, fasciné par l'œuvre de Dostoïevski, ne pouvait pas ne pas adapter, à un âge plus mûr, "Les frères Karamazov", ce roman de mille pages déjà transposé au théâtre et au cinéma, qui met en scène les rapports violents entre un père et ses quatre fils, et le drame qui en découle.
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La Bible urbaine
« Bien que l’histoire aborde le thème du paricide et celui de la mort toute entière, ce qui reste à la sortie de cette pièce, c’est la volonté de justice et d’espoir en la vie malgré les souffrances les plus ultimes. 
Les frères Karamazov représente une belle présentation de l’oeuvre de Dostoïevski. D’une durée de trois heures sans entracte, celle-ci est si captivante et parfaitement rythmée que le voyage dans cette ancienne Russie vaut parfaitement la découverte ».
Publié le 6 mars 2014 par Pauline Guyau

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